Vu à l'étranger
Le 10 Mai 2007

Des enseignants en « grève travaillée »

 

Grève originale à Rimouski, au Canada. Le 3 mai, les enseignants ont fait une grève travaillée. Ils ont effectué leurs tâches habituelles et remis leurs salaires, soit environ 32 000 €, à 17 organismes communautaires et culturels de la région. En manifestant de la sorte, leur message a été particulièrement bien relayé par les médias et ils ont bénéficié d'un authentique mouvement de sympathie dans l'opinion publique.

Par ce geste les enseignants voulaient affirmer leur opposition à la loi-décret spéciale de 2005, régissant les conditions de travail des agents du secteur public jusqu'en 2010. Cette loi encadre en effet plus strictement le droit de grève dans le secteur public. Elle prévoit des obligations relatives à la continuité des services et une série d'amendes et de retraits de salaires en cas de grève prolongée. Cette loi vise à limiter les répercussions des grèves sur la population. Notamment dans l'éducation où les mouvements sociaux et les jours de classe manqués perturbent l'apprentissage et l'avenir de millions d'enfants.

En France, le nombre de jours de grève dans la fonction publique n'a cessé d'augmenter et les syndicalistes enseignants se sont toujours distingués par l'absence de scrupules avec laquelle ils prenaient leurs propres élèves en otage.

Les grèves dans la fonction publique sont d'ailleurs passées de 5% du total des grèves en 1982 à 62% aujourd'hui. Notre pays, qui connaît le taux de syndicalisation le plus faible de tous les pays développés (7%), est aussi celui qui enregistre le plus grand nombre de journées de grève. Dans l'enseignement, le nombre de jours de classe perdus, n'a de ce fait, cessé de croître. Chaque année, des dizaines d'appels à la grève sont lancés par les syndicats d'enseignants. Certains mouvements ne durent qu'une journée mais d'autres perturbent les programmes et les examens pendant des semaines (contre Le Pen en 2002, contre la réforme des retraites en 2003, contre le CPE en 2006...).

Ces perturbations sont d'autant plus dommageables à nos élèves que le calendrier scolaire n'est que de 180 journées par an, ce qui se fait au prix d'emplois du temps hebdomadaires surchargés. Considérant la longue liste de grèves pendant lesquelles chaque année, les enseignants manifestent, empêchent les élèves d'accéder aux salles de classe ou refusent de noter les copies, le calendrier scolaire français réel s'avère décidément bien court et peu adapté aux besoins des enfants.

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